Dans les romans de Marie Sizun, les maisons sont des lieux de souvenirs. Elles ont abrité des vies de famille, pour le meilleur ou le pire. La maison du boulevard de l’Océan à l'Île-Tudy ne fait pas exception. Avec ce 13e roman, Marie Sizun continue de tirer le fil des émotions, celui de la famille et des liens sur plusieurs générations, des ressorts intimes de ses personnages, de leurs amours et déchirements, du poison des non-dits avec, tout au bout, la possibilité d’une renaissance.
Face à la rupture, il n’y a peut-être rien d’autre à faire qu’écrire. Pour Raphaël, la forme du journal est une évidence pour parler des choses de la vie comme il en arrive souvent quand on ne sait plus aimer, quand on ne se sait plus aimé. Comment ne pas être en empathie avec cet homme en vacance de sa propre vie ? Avec sa forme fragmentaire qui raconte au quotidien une séparation et une réparation, Roman de plages est plus profond que son titre, en forme de clin d’oeil, le laisse penser.
La collection Fléchette des éditions sun / sun met en dialogue des photographies issues des Archives de la Planète du musée Albert Kahn et des textes d’auteurs d’aujourd’hui. Villa Zamir d’Hélène Gaudy écrit le temps arrêté dans un autochrome de 1910. Une manière d’accueillir l’image par le texte. Une rencontre singulière et poétique, ainsi qu’une mise en écho avec les souvenirs de l’autrice comme moyen d’apprivoiser un lieu. Magnifique.
Vers l’écriture est un partage d’expériences, un récit autant de transmission que d’écoute patiente et d’échanges dynamiques. Il s’inscrit dans le prolongement d’un séminaire que Jeanne Benameur a mené à Montauban, il y a dix ans, auprès d’un public d’une vingtaine de personnes, pendant une année, à raison d’un week-end par mois. C’est aussi l’occasion d’enrichir ce qu’elle n’avait que brièvement abordé au cours de quelques entretiens accordés à des revues spécialisées, en 2006 et 2020.
Sébastien Berlendis se souvient de ses étés adolescents passés au camp du Pansard à La Londe-les-Maures, dans l’odeur boisée et verte des pins torréfiés par l’ardeur du soleil varois. Son écriture pointilliste et minuscule suggère beaucoup avec peu et procède par la juxtaposition d’une abondance d’images remontées de la mémoire pour raconter l’insouciance d’un temps encore heureux. Magnétique.
Il est facile de modifier l’Histoire à volonté, et tentant de fabriquer un récit qui exalte la grandeur passée et escamote les heures les plus ignominieuses. Qui étaient les Morgondes ? Quelle histoire raconter ? À quoi s’exposent les récalcitrants ? Conque est une fable politique sur le rapport entre l’Histoire et le pouvoir quand ce dernier cherche à imposer un narratif frelaté. Toutes les qualités du premier roman de Perrine Tripier se trouvent confirmées dans cet excellent deuxième.
Vues sur la mer est le premier roman d'Hélène Gaudy. En une petite centaine de pages, elle propose sept variations d’une histoire, ni tout à fait la même ni tout à fait une autre. À chaque chapitre, un narrateur nous fait entrer dans une nouvelle dimension. Sous l’apparente évidence du dispositif narratif se cache un roman complexe et subtil sur les relations humaines, l’amour, la liberté et la solitude. Un livre qui invite à suspendre le temps.
Artiste un peu alchimiste et bricoleur de l'inutile, Bernard Mélois est mort. Alors c'est bien écrit par Clémentine, sa benjamine, est un livre attachant et doux sur le sujet infiniment douloureux du décès d'un parent, le livre que l’on aimerait être capable d’écrire pour faire refluer le chagrin et nous consoler en étirant les moments doux et en retenant un peu de la lumière du défunt pour qu’elle continue à nous éclairer.
Faux polar ?
Faux vaudeville ?
Faux roman d'aventures ?
Vrai régal. Le 18e Echenoz est insolite et hilarant. Une pantalonnade — c’est lui qui l’écrit — bourrée de clins d’œil, parfaitement maîtrisée et doublée d’une réflexion ironique, mais au demeurant bien vue sur la création artistique, tant littéraire que cinématographique.
Espiègle et irrésistiblement savoureux.
Olivier Rolin a embarqué à bord du Champlain qui assure le ravitaillement logistique des bases militaires et scientifiques françaises des Éparses. Ce court récit est élaboré à partir des notes prises pendant ses quatre semaines à bord et illustré de quelques dessins de la main de l’auteur qui a gardé intactes ses capacités d’observation, d’émerveillement et d’autodérision un rien désabusée. Mélancolique et drôle, ce dernier opus vient remarquablement compléter sa riche cartographie personnelle.