À son habitude, Gabriella Zalapì livre un ouvrage aux pages comptées, à la puissance et la justesse bouleversantes. L’une des grandes réussites de ce court texte est d’adopter le point de vue d’Ilaria, 8 ans, trop jeune pour saisir toute la complexité de ce qui est à l’œuvre dans l’habitacle de la voiture de son père, qui vient de l’enlever. L’autre est la manière dont Gabriella Zalapì organise les ruptures et fait habiter la page par son texte. Concision et épure pour une intensité à son acmé.
Antonia, 1er roman de Gabriella Zalapì, prend la forme d’un journal intime tenu sur une année et demie, du 21 février 1965 au 14 septembre 1966. Cette jeune femme de 29 ans, mariée et mère d’un jeune garçon de 8 ans, y confie son enfermement dans la société patriarcale palermitaine ainsi que son désir d'émancipation. La découverte d’archives familiales en l’aidant à renouer avec sa propre histoire pourrait l'inciter à sauter le pas.