ARTICLES AVEC LE TAG : "J'ai lu"



Les Confins, Eliott de Gastines, Flammarion
Carnet de lectures · 21 juin 2023
Pour son 1er roman, Eliott de Gastines signe une histoire de froide vengeance racontée avec une ironie grinçante et divinement jubilatoire. La narration à deux temporalités, des faits distillés à l’avance et de manière attrayante pour un thriller, des spectres d’antan revenant hanter les vivants, le ton distancié et sarcastique du narrateur qui nous prend à partie sont autant d’éléments qui installent l’atmosphère pesante du huis-clos et nous ferrent pour ne plus nous lâcher.
La Nuit des pères, Gaëlle Josse, Noir sur Blanc, Notabilia
Carnet de lectures · 01 septembre 2022
C’est l’été qui se fane. Une fin août. Isabelle a pris le train qui la ramène vers le village de l’enfance où vit toujours son père au caractère aussi abrupt que la montagne alentour. Son frère, Olivier, l’a appelée. La mémoire paternelle se fane, elle aussi, entrant dans sa nuit qui vient. Dans La Nuit des pères, on retrouve les paysages intérieurs que Gaëlle Josse explore depuis ses débuts en littérature, construisant une oeuvre d'une remarquable cohérence.

Les Enfants véritables, Thibault Bérard, L'Observatoire
Carnet de lectures · 29 juin 2022
À la fin de Il est juste que les forts soient frappés, nous avions laissé Théo au bord d’une nouvelle vie avec Cléo rencontrée au moment où son épouse Sarah se mourait d’une récidive de son cancer. Y était esquissée avec délicatesse la difficulté de recomposer une famille qu’une tragédie venait de toucher au cœur. Thibault Bérard fait le choix d’écrire l’histoire d'après, celle de cette famille qui, pétrie de bons sentiments, reste à inventer.
Le Voyant d'Étampes, Abel Quentin, L'Observatoire
Carnet de lectures · 08 juin 2022
Après le remarqué Sœur en 2019, premier roman bien ancré dans notre paysage social actuel, Abel Quentin récidive avec Le Voyant d’Étampes qui a reçu, entre autres, le prix de Flore 2021. On suit les heurs (rares) et malheurs (nombreux) du désabusé Jean Roscoff dans un XXIe siècle qu’il ne comprend pas, qui ne le comprend pas. Abel Quentin égratigne les dérives de notre époque, d’une plume juste, féroce, réjouissante bien que trop bavarde.

Le Parfum des cendres, Marie Mangez, Finitude
Carnet de lectures · 25 mai 2022
Le Parfum des cendres est l’histoire d’une renaissance douloureuse à la faveur d’une rencontre, de deuils à faire, de fantôme à laisser partir, d’un passé dont l’odeur âcre a recouvert et annihilé toutes les autres, de goûts à réapprendre — celui de vivre n’étant pas le moindre. Un premier roman intrigant, plein d'humanité sur une profession méconnue et de fraîcheur sur la mort comme vous ne l’avez jamais sentie.
Tant qu'il reste des îles, Martin Dumont, Les Avrils
Carnet de lectures · 30 avril 2021
J’attendais avec impatience la publication du 2e roman de Martin Dumont, qui a été repoussée de presque un an. La maison d’édition Les Avrils, contrainte d’oublier le calendrier en cette année particulière, n’allait naître qu’en janvier 2021. Tant qu’il reste des îles. Je ne sais pas résister à un titre qui me promet l’évasion en ces temps où la ligne d’horizon de nos déplacements est posée à dix chiches kilomètres. En quelques pages, je savais que la magie allait opérer. Venez !

Il est juste que les forts soient frappés, Thibault Bérard, L'Observatoire
Carnet de lectures · 15 février 2021
Un titre qui accroche, une 1re de couverture qui attire autant que la 4e repousse : bref, entre Thibault Bérard et moi, c’était pas gagné. Malgré les chroniques toutes très enthousiastes et sans les #68premieresfois, je crois qu’on en serait encore à s’ignorer superbement tous les deux. Il est juste que les forts soient frappés est un roman dur et beau. Un texte en état de grâce, une ode à la vie.
Over the Rainbow, Constance Joly, Flammarion
Carnet de lectures · 28 janvier 2021
Over the Rainbow, le 2e roman de Constance Joly après le très beau Le Matin est un tigre, vient de paraître chez Flammarion.  Ce roman pudique et élégant est le domaine du « tu », une adresse à son père, Jacques, l’un des premiers morts du sida. C’était en France, au début des années 1990. La justesse de l’émotion le dispute souvent à l’imprécision des souvenirs pour défricher le jardin du père. Un hommage lumineux.

Un loup quelque part, Amélie Cordonnier, Flammarion
Carnet de lectures · 02 juin 2020
Après un 1er roman aussi réussi que Trancher (Flammarion, 2018) qui braquait sa lumière crue sur la violence au sein du couple, j’attendais le 2e avec l’impatience de la lectrice qui devine qu’Amélie Cordonnier n’hésitera pas à s’emparer à nouveau d’un sujet fort. Et je n’ai pas été déçue. Le sujet d'Un loup quelque part est d’autant plus dérangeant qu’il est tabou.
Soeur, Abel Quentin, L'Observatoire
Carnet de lectures · 10 décembre 2019
Pour son 1er roman, Abel Quentin, avocat, a fait le choix courageux d’écrire sur un thème risqué en diable par les temps que nous connaissons : l’embrigadement d’une jeune Française de 15 ans. Embrigadement et non radicalisation : une nuance qui a son importance ici, car l’adolescente n’était auparavant ni pratiquante ni croyante. Soeur est un roman vers lequel je ne serais pas allée s’il n’avait pas fait partie de la sélection des 68 premières fois. Et pourtant...

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